Vaccin HPV pour les jeunes filles de moins de 16 ans
Que penser du remboursement du vaccin HPV pour les jeunes filles de moins de 16 ans ?
Fin 2007, le gouvernement décidait d'accorder un remboursement conséquent du vaccin HPV pour les jeunes filles de moins de 16 ans.
La FLCPF se réjouit de cette mesure qui sera particulièrement utile
dans les groupes à hauts risques et classes sociales défavorisées.
Elle souligne cependant que nous n'avons pas encore beaucoup de recul
pour évaluer correctement la fiabilité de ce vaccin au-delà de 5 à 10
ans, de même que ses effets secondaires après cette période. Elle tient
à préciser aussi que si Gardasil prévient aussi les condylomes, il ne
protège pas de tous les HPV. Le champ d'action du Cervarix est
d'ailleurs plus restreint, puisque ce vaccin-là ne confère pas
d'immunité contre les HPV-6 et -11, responsables des condylomes.
La Fédération insiste finalement sur le fait que la vaccination n'évite en AUCUN CAS la nécessité de la prévention et d'un contrôle de dépistage périodique.
C'est pourquoi, elle profite de l'occasion pour relancer le débat sur l'importance de la prévention.
Il s'agit à cet effet pour elle de :
- Favoriser l'accessibilité au frottis :
d'un point de vue médical le cancer du col de l'utérus détecté tôt se
soigne très bien. Dans les pays du Nord (Finlande notamment) - où de
grandes campagnes de sensibilisation et de prévention ciblées sont
menées, et où un taux très important de jeunes filles et femmes se font
dépister régulièrement-, le pourcentage de mortalité est en baisse ! En Belgique, les frottis sont toujours payants et sont mal répartis ; certaines femmes en ont un trop souvent et d'autres trop peu ou pas. La
FLCPF plaide dès lors pour obtenir des campagnes d'information et de
sensibilisation des professionnels et des usagers sur l'importance du
dépistage, et revendique la gratuité de ce dépistage (ce qui constitue
à long terme une économie pour la société). Elle rappelle
l'importance d'un suivi gynécologique régulier et le rôle important des
centres de planning familial en la matière.
- Renforcer la sensibilisation sur l'importance de se protéger lors des rapports sexuels, d'utiliser le condom : la FLCPF plaide pour le renforcement des programmes d'éducation à la vie affective et sexuelle auprès des jeunes, à l'école et hors de l'école. Elle insiste pour que soient menées de grandes campagnes de sensibilisation.
- Accorder son attention à deux publics prioritaires :
les jeunes, les personnes (tant hommes que femmes) immigrées d'Europe
de l'Est et d'Afrique. En effet, les données récentes de l'OMS
relatives au cancer du col de l'utérus montrent que la prévalence de ce
cancer diffère grandement en fonction des régions : les pays d'Europe
de l'Est et d'Afrique sont de loin les plus touchés. L'Europe
occidentale a une prévalence beaucoup plus basse. Il conviendrait dès
lors de sensibiliser aussi ces populations à l'utilité de la
vaccination HPV.
