Violences sexuelles et conjugales

Violences sexuelles, violences conjugales, violences familiales : ces violences, réprimées par la loi et prises en compte dans des conventions internationales, sont essentiellement subies par les femmes et les enfants, mais peuvent aussi, dans une toute autre mesure, toucher les hommes.  En Belgique, une femme sur trois a été victime de violence physique ou sexuelle depuis l’âge de 15 ans. Chaque jour, neuf viols sont déclarés mais on estime que 90% des victimes ne portent pas plainte. 53% des victimes sont mineures d’âge.  La violence est d’une ampleur sociétale et concerne tout le monde.

Une partie significative des violences ont lieu dans le cadre privé, familial : elles sont donc par nature davantage « cachées » et les victimes ont davantage de difficultés à les signaler. Il est également connu que la grossesse constitue une période particulièrement propice aux violences de genre. Ces constats montrent la nécessité de la mise à l’agenda de cette thématique dans le champ de la santé sexuelle et reproductive.

Les centres de planning familial, quant à eux, sont quotidiennement en contact avec de nombreuses femmes, sexuellement actives et en demande de conseils ou de consultations concernant leur vie affective et sexuelle. Ces centres sont donc en première ligne pour offrir aux victimes une écoute et un accompagnement, au besoin en les réorientant vers les services spécifiques. Ils ont donc un rôle particulièrement important à jouer dans la détection et la prise en charge des violences.

PROJET DPO

Depuis la fin de l’année 2018, la FLCPF développe le projet DPO qui a pour but d’améliorer la Détection des violences conjugales et sexuelles, la Prise en charge et l’Orientation des victimes. L’objectif final de ce projet est de coproduire des outils accessibles, pratiques et communs à destination des associations et services de première ligne actifs à Bruxelles et en Wallonie.

Aussi, la FLCPF aspire à réunir un large panel de partenaires qui peuvent être confrontés dans leurs pratiques de terrain, directement ou indirectement, à des situations de violences conjugales et sexuelles, sans toujours avoir les clefs pour réagir efficacement. Il s’agit d’un projet intersectoriel (santé, social, justice, police) qui se veut collaboratif et donc, avec une large participation et coproduction des associations et services concernés. Pour ce faire, la FLCPF bénéficie de l’expertise d’accompagnateurs de choix : les Pôles de ressources wallons pour le volet violences conjugales et le Centre de Prise en Charge des Violences sexuelles de Bruxelles pour le volet violences sexuelles.   Un groupe d’appui méthodologique a également été constitué, composé d’une vingtaine de partenaires, tous secteurs confondus, souhaitant piloter le projet.

Co-construction

Afin de sonder les besoins et ressources des secteurs, de réfléchir ensemble aux pratiques à améliorer et de faciliter la mise en réseau, la FLCPF et ses partenaires ont organisé quatre matinées de rencontres intersectorielles. Ces ateliers constituent le cœur du projet DPO : leurs résultats mèneront à l’élaboration d’un outil pertinent pour tous les secteurs qui permettra aux professionnel·les de première ligne d’identifier de manière plus efficace les situations de violence et d’accompagner au mieux les victimes.
Ces ateliers ont été organisés en 2020. Encadrés par des expert·es et animés grâce à des méthodes d’intelligence collective, ils se concentraient chacun sur une thématique spécifique : la détection (21/1/20 à Namur), les besoins des victimes (3/3/20 à Bruxelles), la prise en charge des victimes (14/9/20 à Namur) et leur orientation (22/10/20 en visio).
Y étaient conviés les services du social-santé/de l’ambulatoire, de police et de justice, ainsi que les associations spécialisées afin de nourrir le projet de leur expertise (besoins des victimes, besoins des travailleur·ses, bonnes pratiques à mutualiser, protocoles spécifiques existants, etc.). Près de deux cents professionnel·les ont participé à ces ateliers. La co-construction des associations et services de terrain étaient essentielles pour la bonne réussite du projet et le processus s’est avéré très satisfaisant.
Le projet DPO se poursuivra en 2021 avec l’évaluation de l’outil (réalisé sur base des résultats synthétisés des ateliers et d’un travail graphique) en collaboration avec les professionnel·les. Des panel-tests seront organisés en mars à Bruxelles et Namur ainsi qu’une évaluation de terrain de mai à août. La finalisation et l’édition de l’outil sont prévues à l’automne.

COLLOQUES "DPO"

Dans le cadre du projet DPO, la FLCPF organise un colloque par an. Le dernier a eu lieu le 10 décembre 2020 en webinaire interactif et a eu pour thème les enfants exposés à la violence conjugale et les mineur.es victimes de violences sexuelles. Le colloque DPO 2021 aura lieu en novembre et sera couplé à l’évènement de lancement de l’outil.

PUBLICATIONS & OUTILS

Le CEDIF, centre de documentation de la FLCPF, est spécialisé dans la vie affective et sexuelle. Vous pouvez consulter la base de données documentaire sur le site de la FLCPF, en cliquant ICI 

Contact 

  1. Laurence Stevelinck - Projet DPO
    lstevelinck@planningfamilial.net
    Tél : 02/505 60 62