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L’EVRAS, un défi majeur d’égalité, de santé et d’émancipation

À ses débuts, l’EVRAS était principalement associée à des objectifs de prévention, notamment concernant le VIH, les infections sexuellement transmissibles (IST) ou les grossesses non désirées. Aujourd’hui, ses enjeux se sont élargis face à de nouvelles réalités : violences sexuelles, sexisme, harcèlement, exposition à la pornographie, inceste ou pression liée aux normes de genre.

L’EVRAS accompagne le développement :

  • des compétences psychosociales permettant de communiquer, poser ses limites et respecter celles des autres ;
  • des connaissances liées au corps, à la santé sexuelle et reproductive et aux relations ;
  • de l’esprit critique face aux normes sociales, aux stéréotypes et aux informations disponibles ;
  • de valeurs fondées sur l’égalité, le respect et la lutte contre les discriminations et les violences.

La finalité de l’EVRAS est que chacun·e puisse s’épanouir dans ces différentes dimensions de la vie, tant physiquement qu’émotionnellement, dans la liberté, l’égalité, le respect et la responsabilité envers l’autre et soi-même.

Pexels Max Fischer 5212695

Le combat historique du planning familial pour garantir l’accès à l’EVRAS scolaire à tous.tes

La généralisation de l’EVRAS en milieu scolaire est l’objet d’une mobilisation de longue durée portée par le secteur du planning familial, les acteurs et actrices de terrain et les structures engagées pour les droits sexuels et reproductifs. Si l’EVRAS est reconnue comme une mission de l’école depuis plusieurs années, son déploiement effectif a longtemps été inégal. Le travail de plaidoyer mené par la Plateforme EVRAS, dont la FLCPF est membre, a contribué à relancer les discussions politiques et à renforcer le cadre de cette politique publique.

La FLCPF salue cette avancée importante tout en rappelant que la généralisation de l’EVRAS doit se poursuivre au-delà de l’école, dans d’autres milieux de vie et à tout âge.

En Belgique, nombre de personnes sont encore privées d’un accès à l’information relative à leur santé sexuelle. Les inégalités sociales, l’environnement, les milieux de vie, le logement, la différence de langue ou de culture, le genre et les orientations sexuelles, le parcours individuel, la situation administrative, etc. sont autant de déterminants qui privent l’accès pour tous·tes à l’EVRAS, entravant ainsi leur droit fondamental « d’accéder à la meilleure santé en matière de sexualité et de reproduction » reconnu en 1994 dans le cadre de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement (Le Caire, 1994) et réaffirmé lors de la Conférence Mondiale des Femmes (Pékin, 1995).

Les grandes étapes législatives :

  • 2012 — L’EVRAS devient une mission de l’école
    Elle est inscrite dans le décret définissant les missions prioritaires de l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles.
  • 2013 — Un premier engagement pour généraliser l’EVRAS
    La Fédération Wallonie-Bruxelles, la Région wallonne et la COCOF signent un Protocole d’Accord relatif à la généralisation de l’EVRAS en milieu scolaire. Malgré cette avancée, de nombreux élèves de l’enseignement fondamental et secondaire, ordinaire et spécialisé, n’en bénéficient toujours pas.
  • 2023 — Un nouvel Accord de Coopération pour structurer l’EVRAS
    Adopté par les trois parlements francophones en septembre 2023, ce nouvel accord pose les bases d’une véritable politique publique de généralisation de l’EVRAS à l’école.

L’Accord de coopération prévoit actuellement

2 heures d’animations obligatoires

en 6ème primaire et 4ème secondaire

Un label obligatoire

pour les structures qui réalisent les animations dans les écoles

Des formations 

de base et continues pour les animateur·ices, nécessaires pour l’obtention et le maintien du label

La réalité de la généralisation sur le terrain: des avancées importantes et des défis persistants

Entré en vigueur en septembre 2023, l’Accord de Coopération sur l’EVRAS a permis de répondre à plusieurs difficultés rencontrées sur le terrain. En clarifiant les obligations des établissements scolaires, il marque une avancée majeure : l’accès à l’EVRAS ne doit plus dépendre uniquement de l’engagement individuel, des convictions ou de la disponibilité de quelques personnes motivées.

Un changement de cadre qui appelle une approche durable

Pour une réelle généralisation de l’EVRAS, il est maintenant nécessaire d’inscrire les actions dans la durée, au-delà des animations ponctuelles, afin de développer de véritables projets au sein des établissements scolaires.

Des exigences de formation sans moyens suffisants pour tous les acteurs

Le nouveau label EVRAS impose des formations aux professionnel·les intervenant dans les secteurs scolaire, jeunesse et aide à la jeunesse. Toutefois, hormis les centres de planning familial, les financements nécessaires pour permettre aux autres acteurs de suivre ces formations restent insuffisants.

Des ressources inégalement réparties

Si les centres de planning familial ont reçu un soutien financier pour accompagner les écoles, les autres structures impliquées dans l’EVRAS ne disposent pas de moyens équivalents pour répondre à leurs missions.

Une polémique qui dépasse le seul cadre de l’EVRAS

L’Accord de Coopération a également suscité une forte polémique en Belgique francophone. Pour plusieurs chercheur·euses, ces contestations s’inscrivent dans un contexte plus large de campagnes anti-genre visant notamment les droits sexuels et reproductifs, l’égalité de genre et les droits des personnes LGBTQIA+.

Les actions concrètes de la FLCPF: structurer, accompagner et défendre l’EVRAS

 

Face aux enjeux liés à la généralisation de l’EVRAS, la FLCPF agit depuis plusieurs années pour soutenir les acteurs de terrain, renforcer la coordination entre secteurs et défendre un accès effectif à une EVRAS de qualité pour toutes et tous.

Les Stratégies Concertées EVRAS

Les Stratégies Concertées EVRAS ont été créées, en collaboration avec O’YES, en 2018 face au constat que la généralisation de l’EVRAS scolaire n’était toujours pas atteinte malgré son inscription dans le décret Missions en 2012. À travers la coordination d’un large panel d’acteurs et d’actrices impliqué·es dans l’EVRAS scolaire, l’objectif des SC-EVRAS est de contribuer à une généralisation effective de l’EVRAS dans l’enseignement fondamental et secondaire (ordinaire et spécialisé) en Belgique francophone, dans une visée de réduction des inégalités sociales de santé

La représentation du secteur planning

Dans le cadre de l’Accord de Coopération, un comité d’accompagnement et un comité d’attribution ont été mis en place rassemblant les cabinets ministériels et les administrations en charge des compétences en lien avec l’EVRAS. La FLCPF, ainsi que les autres fédérations de centres de planning, sont membres de ces comités. Cela permet de faire remonter les besoins et réalités de terrain vers les autorités compétentes, dans l’objectif d’une opérationnalisation effective de l’Accord de Coopération, et à plus long terme une réelle généralisation de l’EVRAS à tous les âges et dans un maximum de milieux de vie.

Les cellules EVRAS à l'école

La FLCPF coordonne également l’implantation de cellules EVRAS dans l’enseignement ordinaire, technique et spécialisé. Ce dispositif interdisciplinaire mêle les équipes éducatives, les centres PMS et services PSE, et les centres de planning familial autour d’un projet d’EVRAS au sein de l’école et autour des élèves.

Tout savoir sur nos cellules dans l’enseignement ordinaireTout savoir sur nos cellules dans l’enseignement spécialisé

Votre FAQ pour vous simplifier la vie

Combien d’animations un enfant reçoit-il pendant sa scolarité ?

L’accord de coopération EVRAS prévoit une obligation de minimum une animation de 2 heures en 6ème primaire et une en 4ème secondaire. Il s’agit toutefois d’un minimum. D’une école à l’autre, les élèves ne recevront donc pas le même nombre d’animations : certains établissements scolaires vont mettre l’EVRAS au cœur de leur projet et organiser plusieurs animations tout au long de la scolarité de leurs élèves, quand d’autres en organiseront très ponctuellement sur tout le cycle pour répondre à l’obligation.

Les animations s’adressent donc potentiellement aux élèves de tous les niveaux, de la maternelle à la fin du cycle scolaire.

Qui donne les animations dans les écoles?

Dans la plupart des écoles, les animations ne sont pas réalisées par les professeur·es afin de permettre aux enfants de parler librement et d’assurer la confidentialité de leurs échanges. Toutefois, quelques contenus d’EVRAS sont abordés dans certains cours du tronc commun, comme par exemple la reproduction dans le cours de sciences, le vivre ensemble dans le cours de philosophie et citoyenneté ou la connaissance du corps dans le cours d’éducation physique.

Ces animations sont généralement données par des personnes extérieures à l’école, spécialement formées aux thèmes abordés et aux techniques d’animation.  L’accord de coopération prévoit que seules les structures labellisées peuvent faire de l’EVRAS au sein des écoles. Différentes conditions sont ainsi prévues pour s’assurer de la qualité des animations et des compétences des intervenant·es. Parmi les structures labellisées, on retrouve par exemple les centres de planning familial, les centres PMS ou les services PSE.

Quel est le rôle de la FLCPF dans l’EVRAS ?

La FLCPF représente le secteur du planning familial, coordonne des projets, développe des outils pédagogiques, organise des formations et participe aux concertations visant à renforcer la généralisation de l’EVRAS.

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