Les violences sexuelles et intrafamiliales ne sont pas des faits isolés

Elles s’inscrivent dans un système d’inégalités, notamment liées au genre, et touchent majoritairement les femmes et les filles.

Certaines personnes sont encore plus exposées en raison de situations de vulnérabilité : handicap, orientation sexuelle, statut migratoire ou précarité sociale.

Chaque situation est unique et implique des besoins multiples : soins de santé, accompagnement psychologique, soutien social, sécurité, ou encore aide économique. Face à cette complexité, une prise en charge adaptée et coordonnée est essentielle.

C’est dans ce contexte que la Fédération Laïque de Centres de Planning Familial (FLCPF) agit pour renforcer les pratiques professionnelles et améliorer l’accompagnement des victimes.

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Des enjeux majeurs de santé publique et de droits humains

Les violences sexuelles et intrafamiliales constituent un enjeu majeur de santé publique et de droits humains en Belgique.

2/5

Deux femmes sur cinq et un homme sur cinq déclarent avoir subi des violences sexuelles (UN-MENAMAIS 2017-2021)

2/3

2 à 3 enfants par classe seraient victimes d’inceste (IPSOS 2020)

4x

Les femmes en situation de handicap sont quatre fois plus exposées

24%

des femmes ont subi des violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur partenaire (FRA-2014)

84%

des demandeur·euses d’asile en ont subi

80%

des personnes LGBTQIA+ ont été confrontées à des violences sexuelles

À l’échelle régionale :

  • 33,7 % des femmes à Bruxelles déclarent avoir subi des violences de la part d’un partenaire
  • 42,5 % en Wallonie (IWEPS, 2025)

Ces chiffres restent sous-estimés.

Depuis plusieurs décennies, la reconnaissance de ces violences progresse :

  • Conférence de Beijing (1995)
  • Mouvement #MeToo
  • Convention d’Istanbul (ratifiée en Belgique en 2016)
  • « Convention des droits de l’enfant » (ratifiée Belgique en 1991)

Des avancées législatives et institutionnelles ont vu le jour : réforme du code pénal sexuel, loi féminicide, développement des CPVS, cellules EVA et dispositifs interdisciplinaires. Malgré cela, lutter contre les violences basées sur le genre est un enjeu politique et le reflet d’un problème social majeur : les besoins restent considérables.

Mieux accompagner : le besoin essentiel de travailler en réseau

Sur le terrain, de nombreux·ses professionnel·les expriment un même constat : ils et elles veulent faire mieux, mais manquent de formation et de repères face aux violences.

Les difficultés identifiées :

  • manque de formation initiale
  • sentiment d’isolement
  • difficulté à comprendre des situations complexes
  • manque de coordination entre services

En parallèle, les demandes d’accompagnement augmentent :

  • de la part des victimes
  • de leur entourage
  • mais aussi, plus discrètement, des auteur·es

Face à cela, plusieurs besoins émergent :

Former en continu les professionnel·les

Les connaissances évoluent rapidement. Il est nécessaire de proposer des formations accessibles, actualisées et adaptées aux réalités du terrain.

Favoriser le travail interdisciplinaire

Les situations de violences nécessitent une approche globale et une prise en charge spécifique. Cela implique une collaboration entre les secteurs médical, social, juridique et psychologique.

Créer un langage commun

Les différences de culture professionnelle peuvent freiner la coopération. Construire des référentiels partagés permet d’améliorer la qualité de la prise en charge.

Soutenir les intervenant·es

Accompagner des situations de violence a un impact réel sur les professionnel·les. Des espaces d’échange et de soutien sont indispensables.

La réponse de la FLCPF : le projet DPO

Face à ces constats, la FLCPF a lancé en 2018 le projet DPO : Détection, Prise en charge et Orientation des victimes. Ce projet est né des besoins exprimés par les centres de planning familial et du terrain.

26 septembre 2017 : Emmanuel Piet intervient au colloque contraception de la FLCPF. Elle insiste sur la nécessité de dépister les violences dans les consultations. Les centres de planning familial, déjà confrontés à ces situations, partagent son constat et demandent à la FLCPF de prendre action en les soutenant dans cette thématique.

Objectifs du projet DPO

  • Améliorer la détection des violences
  • Renforcer la qualité de la prise en charge
  • Faciliter l’orientation des victimes
Webokdpo

Une démarche collaborative

Le projet repose sur une large collaboration avec des acteur·rices institutionnel·les et de terrain : CPVS de Bruxelles, pôles de ressources en violences conjugales, associations, services de santé, zones de police, universités, etc.

Un Groupe d’Appui Méthodologique (GAM) accompagne toutes les étapes du projet. Il est constitué d’une vingtaine d’acteurices institutionnels et de terrain (Le CPVS du 320 rue Haute, Equal .brussels, Safe.brussels et le centre Olista, le projet RéZone Midi #VIF et les coordinations provinciales, les 6 zones de police de Bruxelles, cellule CARE de l’ULB, CPVCF, Tels Quels, le SIPS, l’UPPL, CPF Séverine, CPF La Famille Heureuse de Saint-Josse, Casa legal, la Fédération des Maisons Médicales.)

Une construction progressive

2018–2019

analyse des besoins et identification des partenaires

2020

ateliers intersectoriels pour construire l’outil DPO

2021

tests et lancement de l’outil DPO

2022

mise à jour de l’outil DPO suite à la réforme du code pénal

2023

forum ouvert et développement d’un jeu collaboratif

2026

lancement officiel du jeu “La Ruche du Soin » en mars

Plus de 300 professionnel·les ont contribué à l’outil DPO et plus de 100 à la création du jeu. En savoir plus sur le processus de co-construction de l’outil et du jeu (rapports de construction, d’évaluation, infographie chronologique du projet, etc) ?

Processus de co-construction

En parallèle, la FLCPF organise :

  • des colloques annuels depuis 2019
  • des formations thématiques

Votre FAQ pour vous simplifier la vie

Qui est concerné par les violences sexuelles et intrafamiliales ?

Tout le monde peut être concerné, mais les femmes, les enfants et les personnes en situation de vulnérabilité sont les plus exposé·es.

Pourquoi parle-t-on de violences structurelles ?

Parce que les violences basées sur le genre découlent des inégalités de genre.

Pourquoi former les professionnel·les ?

Une meilleure formation permet une détection plus précoce, une prise en charge adaptée et une orientation efficace des victimes.

À qui s’adressent les outils DPO ?

Aux professionnel·les de première ligne : santé, social, éducation, justice, police, etc.

Avec le soutien de