L’accès à la santé sexuelle des femmes détenues : un enjeu de justice sociale

Les femmes détenues cumulent souvent des inégalités sociales et de santé avant même leur incarcération : précarité, violences, ruptures familiales ou difficultés d’accès aux soins. En prison, ces difficultés peuvent se renforcer et compliquer l’accès à l’information, à la prévention et aux soins en santé sexuelle et reproductive.

Le contexte carcéral crée également des obstacles spécifiques : manque d’intimité, éloignement des proches, accès parfois difficile aux soins spécialisés ou au matériel de prévention, et place encore limitée de la santé sexuelle dans les parcours de soins.

Les données disponibles montrent également que les personnes détenues présentent une prévalence plus élevée du VIH, de l’hépatite C et des troubles de santé mentale que la population générale. L’Organisation mondiale de la Santé souligne par ailleurs que les femmes incarcérées sont davantage exposées aux infections sexuellement transmissibles et au cancer du col de l’utérus.

Dans ce contexte, développer des actions de promotion de la santé sexuelle en prison constitue un levier essentiel pour réduire les inégalités de santé.

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Ce que nous observons sur le terrain

Manque d’espaces de paroles et d’informations

Les femmes rencontrées en prison disposent souvent de peu d’espaces pour parler de leur santé sexuelle sans jugement. Beaucoup expriment un manque d’information sur leur corps, leurs droits ou les moyens de prévention, tandis que certaines renoncent à solliciter les services existants.

Manque de parcours de soins continu

Les professionnel·les constatent également l’importance de créer des relais entre la prison et les centres de planning familial afin d’assurer la continuité des parcours de soins à la sortie. Ces besoins ont conduit la FLCPF à développer, avec I.Care et plusieurs centres de planning familial, une action spécifiquement adaptée au milieu carcéral.

La réponse de la FLCPF : Lovespot

L’analyse de ces besoins a conduit la FLCPF à développer, avec I.Care et plusieurs centres de planning familial, une action spécifiquement adaptée au milieu carcéral : le projet Lovespot.

L’objectif est d’améliorer l’accès à l’information, à l’éducation et aux soins de santé sexuelle et reproductive (SSR) des personnes détenues dans les unités pour femmes de la prison de Haren et de Lantin.

Des espaces d'écoute en prison

Des permanences individuelles offrent aux femmes détenues un lieu confidentiel pour poser leurs questions, recevoir une information fiable et être orientées vers les services adaptés lorsque cela est nécessaire.

Des informations en santé sexuelle

Des animations collectives permettent d’aborder la contraception, les IST, les violences, le consentement ou encore les droits en santé sexuelle, dans une approche participative et adaptée au contexte carcéral.

L'accès à la prévention

Les participantes peuvent accéder à des outils pédagogiques ainsi qu’à du matériel de prévention afin de mieux protéger leur santé sexuelle et reproductive.

La formation des proessionnel.les

Les centres de planning familial partenaires bénéficient de formations et d’intervisions qui renforcent leurs compétences et leur permettent d’adapter leurs pratiques aux réalités du milieu carcéral.

La coopération des acteurs de santé sexuelle

Le partenariat entre la FLCPF, I.Care et les centres de planning familial favorise la continuité des parcours de santé entre la prison et les services de première ligne.